Le Temps est une chose très spéciale: inqualifiable physiquement; encore moins moralement, nous dirions presque qu'il est insignifiant. Cela, me direz vous, n'est pas un terme approprié: comment une chose, si cruelle, peut-elle être insignifiante? Le Temps modifie les fondations; purge les passions. Musicien intélorant modifiant ses chansons, il ne cesse d'écrire notre avenir tel que cela lui chante.
_Nous demanderait-il notre avis?
S'il n'y avait que ça, pourquoi s'entéter; pourquoi s'inquiéter? Après tout, la vie n'est qu'une succession de moments- plus ou moins bon- qu'il nous appartient de vivre. Chaque instant est important, et se doit d'être vécu comme étant le dernier à passer: «Carpe Diem, seize the day boys, make your lives extraordinary», dirons certains. Non vraiment s'il n'y avait que ça, la vie serait non pas magnifique, mais vivable.
Malheureusement, une mauvaise nouvelle n'allant pas sans l'autre, il aura fallu que ce monstre appellé «Temps» s'acoquine avec un autre nommé «Regret». Ce dernier, constaterons nous, aime à nous rappeller les choses que son ami le Temps nous a ravi: choses, assurément, dont nous n'avons pas profité pleinement. Le Regret, bien évidemment, est un sentiment contre lequel on ne peut lutter: peu importe la folie; peu importe l'envie, il va et vient tel un Voleur de feu. Un tantiné narquois, un tantiné sadique, il se plaît à nous mettre face à nos souvenirs, ou plutôt ce que nous aurions voulu en faire. Non vraiment, ces deux là sont incorigibles. Laissez les seuls quelques années, et ils vous le feront regretter!